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Notice Personne



Titre : Monsieur - Nom de la personne : BRET (Albert Edouard ou Edward Antoine)

Dates : 09/11/1907 Cannes - 3/05/1996 ?
Qualité : Conseiller (ère) municipal (e)

Histoire :
Albert Edouard (ou Edward) Antoine BRET
 09/11/1907 Cannes
 3/05/1996 ?
 Agent immobilier retraité -
 Profession : hôtelier, -- pilote aviateur privé (avion Gipsy Moth) cf. 2S57
 Conseiller Municipal le 23/04/1937.- Enseigne de vaisseau de 1re classe.
 - Candidat aux élections municipales du 13 mai 1945 (scrutin de ballotage).
 - Chevalier de la Légion d' Honneur, médaille des Evadés,
 M.B.E. (décoration anglaise) F.F.L.
 - Administrateur de sociétés.
 - Villa Sainte-Blaise, avenue Justinia à Cannes. 1953
 - président du Yacht Club de Cannes 1958
 - Fondateur Office de Tourisme (1960).
 - Président du S.I. (Nice-Matin du 16/05/80).
 - Candidat sur liste Municipale d'Action économique et sociale. Municipales du 5 mars 1961
 - Candidat sur la liste Union des démocrates pour l'action économique et le progrès social. Municipales du 14 mars 1965
 - Elu Conseiller Municipal le 14 et 21 mars 1965 et le 21 et 28 juillet 1968 aux élections complémentaires. Sur liste Cornut-Gentille. - Commission de la circulation
 
 LA FAMILLE BRET XIXe - XXe siècles Notables
 
 Ferdinand Bret, le premier à entrer dans la vie cannoise et que l’on appela après guerre le Commandant Bret, est issu d’une vieille famille d’avocats originaire de Fréjus où il voit le jour le 4 décembre 1867. Après des études de droit à Aix-en-Provence, il ouvre une étude d’avoué à Grasse où il reste une douzaine d’années, puis il s’installe à Fréjus où il réside jusqu’en 1905. Il vient ensuite à Cannes et achète l’hôtel des Anglais situé au 21 rue de Provence (devenue rue commandant Bret) à Azeline Morel, veuve, d’origine britannique par son père, qui devient son épouse. Le jour de leur mariage, est inaugurée l’avenue des Anglais, toute proche, qui sera empruntée par le cortège nuptial ; à cette occasion, après avoir célébré le mariage, le maire André Capron, dans son discours inaugural, espère que cette rue et cette union seront un heureux présage de la venue des Anglais !
 Azeline Bret dirige l’établissement hôtelier doté de cent chambres, l’un des plus réputés de la ville. La famille Bret habite la villa des Anglais, édifiée au nord de l’hôtel, luxueusement meublée. Ferdinand Bret est ainsi mêlé à la vie économique de la région et affirme ses qualités d’administrateur et de chef.
 En 1914, il part au front à Verdun, puis c’est l’expédition des Dardanelles ; le capitaine fait toute la campagne et revient avec le grade de commandant. Pour sa conduite héroïque, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre. L’amiral Wester-Wemyss, propriétaire de la villa Montbrillant à Cannes et dont une rue porte le nom, le décorera de la Military Cross. Élu conseiller municipal, en 1929 sous la municipalité Vial, puis dans les années 1932 sous la municipalité Gazagnaire, ses initiatives et ses suggestions en matière d’administration seront toujours judicieuses. Il se consacrera aux grandes questions de tourisme, d’urbanisme et de sport. Cannes lui devra, par ses nombreuses et énergiques interventions, la création de l’aéroport situé au pied de la butte de Saint-Cassien et celle, en 1924, du Comité Cannes Bains de Mer, dont il prendra la présidence…
 L’article II des statuts mentionne que le comité « CANNES BAINS DE MER » est institué dans le but d’étudier les mesures qui peuvent tendre à augmenter, d’une manière générale, la prospérité de la ville et des environs pendant la saison d’été et d’en poursuivre la réalisation. Il s’efforce notamment de parfaire à l’organisation de la région au point de vue touristique, d’y attirer les étrangers, de leur rendre le séjour agréable et facile et, d’autre part, de mettre en relief toutes les richesses naturelles du pays et faire auprès des pouvoirs publics toutes démarches utiles dans ce but. Le Comité a son siège au SYNDICAT D’INITIATIVE de CANNES ou à tout autre lieu de la ville désigné par le conseil d’administration. Nous savons que son action dans le développement de la saison d’été à Cannes fut particulièrement efficace.
 Nous le retrouvons président de l’Association Sportive de football de 1930 à 1933, année où l’AS Cannes remportera la Coupe de France, puis vice-président de l’Automobile-Club de Cannes dont il fut l’un des fondateurs, et président de la Société des Officiers de Réserve. Il est, en outre, titulaire de la Grande médaille d’or de l’Éducation physique et président du Syndicat d’initiative de 1931 jusqu’à son décès le 20 août 1936. Ses obsèques ont lieu à l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage, en présence d’une foule considérable. L’inhumation se fait dans le caveau de famille à Fréjus. Honneur à lui, conclut le vice-président du Syndicat d’initiative dans son allocution il a travaillé, il a servi loyalement ; il part, emportant l’estime de tous ceux qui l’ont connu. Et si aujourd’hui nous avons le beau succès de nos saisons d’été, c’est à ses mérites que nous le devons. Son nom est donné à l’avenue de Provence par le Conseil municipal le 30 décembre 1937, en témoignage de reconnaissance.
 Nous pouvons dire que Ferdinand Bret fut l’un des plus précieux animateurs de notre ville, au service de laquelle il n’a cessé d’être durant trente ans, sans défaillance, il fut l’un des meilleurs ouvriers de la prospérité cannoise. Il a largement contribué au développement du tourisme régional et national, et accru ainsi la principale source de richesse de notre région.
 Quant à Edward Bret, son fils, il naît à la villa des Anglais le 9 novembre 1907. Sportif accompli dans diverses disciplines, il reçut une médaille des mains du baron Pierre de Coubertin, alors client de l’hôtel des Anglais. C’était un parfait gentleman, d’une éducation et d’une urbanité exceptionnelles. Sportif éclectique, il s’était taillé une belle réputation aussi bien dans le sport aéronautique et la compétition automobile que dans le yachting à voile.
 Edward était un pilote automobile accompli. A quinze ans déjà, il disputait sa première grande course de côte automobile. Il fut coureur sur Bugatti et remporta en son temps de nombreuses courses. Il passa son brevet de pilote civil d’avion en mai 1927 et accomplit son service militaire dans l’aviation. Devenu moniteur puis instructeur (formateur de moniteurs), il fut rapidement considéré comme un des meilleurs aviateurs de son escadrille. Il passa ses brevets de pilote et de navigateur civils anglais et se lança dans la compétition aérienne. Il remporta la Coupe Zénith-Tour de France aérien en 1930 et 1931. Sur le terrain d’aviation, devenu nos jours l’aéroport de Cannes-Côte d’Azur, ouvert en 1932 dans la plaine de Saint-Cassien, il devint l’un des premiers pilotes privés azuréens. Edward Bret s’adonne à des acrobaties au-dessus de l’aérodrome. Féru de tennis, il lui arrive d’annoncer sa venue au Tennis-Club du Carlton en le survolant à bord de son aéroplane et en laissant tomber un message précisant l’heure de son arrivée ! Avec son père, il créa en 1931 une section aéronautique, le futur Aéro-Club de Cannes.
 Edward s’était également investit dans la vie publique locale. Il avait été, avant la guerre, le plus jeune conseiller municipal de la municipalité Nouveau. En 1945, il sera délégué à la circulation puis au tourisme. A ce titre, il sera l’un des artisans du jumelage entre Cannes et les Royals Buroughs de Kensington et Chelsea, deux quartiers chics de Londres. Mobilisé en septembre 1939, il sera démobilisé en août 1940. Après avoir intégré les Forces Navales Aériennes Libres en 1943, il devint, l’année suivante, le pilote personnel de l’amiral Sir Bertram Ramsay, commandant les forces navales alliées en Europe du Nord, responsable du débarquement du 6 juin en Normandie. Edward fut alors le chef de l’escadrille de transport à la disposition de l’amiral. Il pense être le seul étranger à avoir commandé une unité entièrement britannique. Il suivra l’amiral lors du transfert de son état-major vers la Normandie, pendant lequel il rencontre une des Wren, les jeunes femmes de la Royal Navy, membre du même état-major, Anne Simonds, qui deviendra son épouse en 1947. Ils seront tous deux décorés de l’Ordre de l’Empire britannique, l’équivalent de notre Légion d’honneur.
 En 1944, Edward Bret fut nommé membre du conseil de la Libération de Cannes, puis élu au conseil municipal, sans qu’il le sache et alors qu’il n’était pas éligible, portant l’uniforme ! Edward et Anne vécurent à Londres depuis la démobilisation en 1947, jusqu’en 1950. Leur fils Michael y naît en 1948. Ils viennent vivre à Cannes en 1950, où naît leur fille Suzanne en 1952. De 1956 à 1957, Edward fut aussi président de la Société des Régates de Cannes rebaptisée le Yacht-Club de Cannes cette année-là. Sous son autorité, ce dernier, dont il assurera la présidence pendant vingt-quatre ans, deviendra le rendez-vous mondial des régatiers, avec l’organisation d’épreuves de haut niveau comme les championnats de France, d’Europe et du monde et surtout l’épreuve internationale Ski yachting. Il sera l’un des artisans de la reconstruction du port du Palm Beach qui porte son nom depuis le 2 mai 1997.
 Durant vingt-cinq ans, Edward fut de ceux qui oeuvrèrent le plus et le mieux à une complète réhabilitation du sport nautique à Cannes et sur la Côte d’Azur. Il fut également président du Rotary Club de Cannes, vice-président de l’Automobile-Club de Cannes et président de la commission sportive de l’AS Cannes, vice-président actif de l’association France-Congrès, regroupant les principales villes de congrès.
 Edward a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1936 puis officier en 1962. Il était titulaire de la Médaille des évadés, de l’aéronautique, de la Croix de guerre ; il avait été déclaré membre de l’Ordre de l’Empire britannique, officier de l’Empire, et remercié pour son action en faveur de l’amitié franco-britannique. Retiré de la vie active mais toujours membre de plusieurs associations, Edward Bret décéda le 3 mai 1996.
 De cette illustre famille, n’oublions pas enfin de citer Gabriel Bret, éminent avocat au barreau de Grasse, frère de Ferdinand et de Gustave, musicien distingué, lui-même président de la Société Bach à Paris. Henri (1889-1939), le fils de ce dernier, était un architecte de talent, bien connu à Cannes. Il a réalisé entre autres le marché Forville, de belles villas ainsi que des immeubles. Beau parcours que celui de cette honorable famille qui a largement contribué au prestige et à la prospérité de la cité.
 
 
 
 
 

Observations :
 Commission de la circulation Chevalier de la Légion d'Honneur, F.F.L.

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