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Notice Personne



Titre : Sir - Nom de la personne : WARNERY (James)

Dates : 1867 - 1921
Qualité : Architecte

Histoire :
WARNERY a réalisé plusieurs villas 1ères années 20ème s.
 Notice de C. Milliet-Mondon :
 
 James WARNERY (Genève 1867 - Cannes 1921) ET Léon LE BEL (1883 - 1968)
 Ces deux architectes associés sont connus à Cannes et au Cannet pour la réalisation au tout début du XXe siècle de villas remarquables et originales. James Warnery, établi à Cannes vers 1900 occupe un cabinet situé 1 rue Marceau. Léon Le Bel, émule de Ferdinand Bac, l'architecte des Colombières à Menton, réside et travaille à Grasse, proche de la bourgeoisie locale née de l'industrie des parfums.
 Il apparaît à travers leurs réalisations cannoises qu'ils ont su conjuguer leurs talents pour apporter les réponses les mieux adaptées à une clientèle nantie, issue pour l’essentiel du milieu des affaires. Plusieurs de leurs créations ont fait l’objet, dès leur achèvement, de publications : monographies dans la série des Bâtiments modernes de A. Raguenet n° 240, ainsi que dans Les villas de la Côte d'Azur de Charles Massin, ou articles, comme celui consacré à la villa Dollfus dans la revue Châteaux et villas de la Riviera. En mars 1913, un admirateur écrivait : nous avons eu l'occasion de mettre en évidence de très harmonieuses demeures et c'est ce plaisir que nous avons encore aujourd'hui avec la villa Dollfus…de grandes baies buveuses d'air et de lumière, des lignes sobres, d'une élégance distinguée et gaie à la fois. Parmi les réalisations sans doute les plus intéressantes de ces architectes, il faut citer Le Grand Rubrent, aujourd’hui disparu et dont seules nous restent les images et les plans, ainsi que la villa Chante-Merle, commanditée en 1905 par M. Dollfus, homme d’affaires parisien. Ces deux ouvrages, particulièrement représentatifs d'une conception architecturale éclectique et novatrice, sont fortement marqués par le style Art Nouveau. Il s’agit là de bâtiments de grands volumes, aux larges toitures débordantes, aux façades savamment composées et richement décorées de motifs floraux et de céramiques vernissées (pour la villa Dollfus). Le style original de ces villas s’oppose à celui d’ouvrages plus classiques, comme la villa les Pins, édifiée au Cannet avant 1920 pour Emile Rochard, directeur du Châtelet à Paris ; villa qui a ensuite appartenu à Charles Fenwick, industriel, puis à Charles Lesquedieu, parfumeur, tous deux établis à Paris, ou à la villa Trianette construite sur la Croisette ; construction sobre, très ouverte sur la mer et d'une belle composition en façade dans l’esprit de l’époque.
 Personnalité attachante et originale, imprégné des dogmes académiques de l'école des beaux-arts, dont il est diplômé en 1907, Léon Le Bel s'établit à Grasse avant la guerre de 1914. Il est nommé architecte en chef des Monuments Historiques des Alpes-Maritimes en 1927. Il ne s'opposait nullement au jeu de la reconstruction interprétée et témoignait d'un goût prononcé pour un style à l'italienne, dans la plus pure tradition des jardins Boboli. C'est dans cet esprit qu'il réalisa à Grasse en 1920, la villa du puissant industriel parfumeur et sénateur, Eugène Charabot. L'architecte trouva dans ce projet matière à expérimenter les nouvelles techniques du béton armé, puisqu'il fallait à la fois concevoir une grande villa sur un terrain escarpé et aménagé en gradins successifs et prévoir une usine à parfums attenante. La réalisation de l'ensemble s'étala sur plusieurs années, au gré des fantaisies de ses clients, mais aussi du concepteur. En 1924, il construit également la villa Norah pour un autre industriel de la parfumerie, M. Schlienger. Fils d'ingénieur et proche d'artistes tels que MM. Denis, Wlaminck, Derain et plus tard de J.-G. Domergue, ami de Louis Suë et de M. Rulhmann, décorateurs parisiens de grand talent, auxquels il fait appel pour quelques réalisations, il est un maître d'œuvre complet étendant son rôle à la décoration, l'aménagement intérieur et aux jardins des luxueuses villas de sa clientèle. Léon Le Bel est intervenu à Cannes en particulier sur le jardin de la villa Tropicale pour la terrasse en terre-plein, le bassin, la fontaine, ou de la villa Valetta, pour le kiosque, le miroir d'eau, la goulette du jardin, les bassins, fontaine, fausse rivière, étang, île artificielle, l'avenue de jardin et l'entrée, la conciergerie ; ainsi que sur le jardin d'agrément du château Thorenc pour le terrain de jeux, le portique, le nymphée, tous les éléments d'eau, la conciergerie, le jardin d'hiver, le tennis et les terrasses.
 James Warnery, auteur de l'Hôtel de Ville du Cannet, édifié en 1902, est surtout actif à Cannes dans des programmes de promotion immobilière menés par Casimir Reynaud de Barcelonnette, ancien négociant à Mexico ; tels les lotissements du boulevard Carnot, des quartiers Saint-Nicolas et du Petit Juas de 1908 à 1912, auteur des villas Campecina (1912) et Les Genévriers (1913). Né à Genève, James Warnery a été naturalisé français le 8 octobre 1895. Il est décédé à l'âge de 54 ans, des suites d'une tuberculose contractée par son épouse qui en est morte prématurément. Ses deux fils, Jacques et Edmond, âgés respectivement de seize et treize ans, ont été pris en charge par Léon Le Bel et son épouse.
 
 
 

Observations :
 1, rue Marceau à Cannes - 1899 - villa Aurore

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